L’écologie humaine : qu’est-ce que c’est ?

L’écologie humaine : qu’est-ce que c’est ?

Grâce au témoignage de Dominique Lang, journaliste et assomptionniste, et à l’éclairage de Tugdual Derville, l’un des fondateurs du Courant pour l’écologie humaine, nous vous proposons de découvrir ce courant de pensée.

Vous êtes ici sur le premier article de notre dossier sur l’écologie humaine. Retrouvez le deuxième article ici.

Un courant de pensée

Véritable courant de pensée, l’écologie humaine s’attache à replacer l’Homme au centre des préoccupations environnementales actuelles. Quels sont ses enjeux ? Comment peut-on la vivre au quotidien ?

D’après les chiffres donnés par le Ministère de la Transition Écologique, les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 67% entre 1790 et 2018. Cela questionne notre responsabilité face à un environnement qui se dégrade sans cesse. C’est justement la vocation de l’écologie humaine. L’objectif principal consiste en un changement de rapport à la Nature. La relation « Hommes dominants / environnement dominé » ne semble plus judicieuse. Chacun devrait établir avec son milieu naturel une relation vertueuse, comme le fait le jardinier qui taille ses arbres fruitiers pour qu’ils se développent et restent en bon santé.

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Une philosophie de vie ?

Tugdual Derville, l’un des fondateurs du Courant pour l’écologie humaine, montre l’importance d’un passage à un mode de consommation plus responsable. Par exemple, consommer des aliments locaux diminue notre impact carbone, garantit une meilleure qualité aux produits et renforce l’économie locale.

Au-delà du simple facteur environnemental, l’écologie humaine est un état d’esprit. Elle renvoie également à la place de chacun dans la société et promeut la bienveillance inconditionnelle à l’égard de tous et la recherche de sens dans sa vie.

Et si on passait à l’action ?

Dans son livre 67 recettes de bonheur, l’écologie humaine en actions, Tugdual Derville nous invite à poser des actes d’écologie humaine concret. Par exemple, la pratique du recyclage d’aliments, de vêtements et d’objets permet de limiter le gaspillage et la surconsommation. De même, écouter autrui avec bienveillance, s’exprimer et communiquer font partie de cet état d’esprit. Ainsi, l’essentiel serait de passer de la réception d’informations à des actions concrètes, « humanisantes » pour le bien de l’environnement et des Hommes. 

Dans notre société où la production, le rendement et la vitesse priment, il est utile de s’arrêter un instant pour s’interroger sur la portée de nos actions au quotidien.

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L'écologie d’inspiration chrétienne en France

Journaliste et assomptionniste, Dominique LANG porte une des voix inspirantes et importantes de l’écologie d’inspiration chrétienne en France. Il y a quelques mois, il publiait 50 lieux pour changer nos vies, hors-série de Pèlerin magazine. Nous sommes allés a sa rencontre.

Écologie humaine, écologie intégrale, écologie environnementale …. Pourriez-vous nous expliquer ces différentes facettes mises en avant aujourd’hui dans les médias ?

Dominique Lang – L’écologie « juste politique », telle qu’on pouvait la concevoir hier, n’est plus d’actualité. Avec l’encyclique Laudato Si, le pape François a souhaité mettre en lumière comment préserver la maison commune, tout en conservant les liens sociaux. Il parle d’ « écologie intégrale », j’aime aborder la notion d’« écologie entière » : penser la préservation de la biodiversité au même titre qu’une saine alimentation ou encore des liens sociaux avec les plus fragiles, les relations culturelles,etc. Pour penser cette écologie, je suis persuadé qu’il faut changer les récits. La perception d’un projet sous l’angle exclusif du progrès et de la consommation n’est plus suffisante aujourd’hui. Il nous faut le voir désormais au travers de son impact sur les hommes et sur la terre. Bien sûr, cela en toute humilité. Montrer les possibles, sans idéaliser : c’est là tout notre objectif de notre hors-série récent sur ces lieux français pour changer nos vies. Mon rêve ? Refaire ce hors-série dans 5 ans avec plein de nouveaux lieux d’espérance à y inscrire.

La crise actuelle, ne croyez-vous pas qu’elle puisse mettre un coup d’arrêt à ces initiatives ?

Dominique Lang – Dans la crise actuelle, comme dans toute crise, une partie de la population se renferme sur elle-même, crevant de solitude mais vivant un sentiment de sécurité. A contrario, avec une crise, d’autres ont l’élan de se lancer à cette occasion, pour créer, initier, explorer : « Je fais maintenant quelque chose qui me rend heureux ». Cette frange-là, nous nous devons de l’accompagner pour qu’elle réussisse dans ses projets écologiques.

Quelle place y a-t-il pour le don et la générosité ?

Dominique Lang – Benoît XVI le constatait déjà dans son encyclique Caritas in Veritate : les chrétiens sont capables de développer d’autres formes économiques, audelà des relations marchandes. Dans les relations humaines, il nous faut réintégrer la possibilité des dons gratuits, des territoires où l’argent circule autrement, où le don de temps et d’argent sont au cœur de la relation et en permettre la durabilité. Beaucoup d’initiatives vont dans ce sens, partout en France à y inscrire.

Pour résumer, l’écologie humaine correspond à la fois en un mouvement intellectuel, une philosophie de vie et des actions concrètes à mener au quotidien.

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Photo : FLS – Camille Morvan – Dominique LANG – La Canopée

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