Handicap moteur et logement

 

Qu’il provienne d’une maladie ou soit consécutif à un accident, connaître une situation de handicap moteur rend la recherche d’un logement encore plus compliquée, dans un contexte de pénurie chronique, que pour tot un chacun. Pourtant, c’est une condition indispensable au retour au minimum d’autonomie et d’indépendance auxquels tout adulte est en droit de prétendre.

 


Une maison ou un appartement dont l’aménagement a été bien pensé, éventuellement avec l’appui d’un ergothérapeute, peut permettre d’éviter une admission dans une institution spécialisée et ce même dans le cas d’un handicap lourd.

Malheureusement, trop peu de logements sont, encore aujourd’hui, accessibles aux personnes en situation de handicap moteur. Ainsi, selon l’Observatoire des Inégalités, 1,2 million de personnes, dont une majorité a plus de 60 ans, rencontrent d’importants problèmes d’accessibilité à leur logement. Principaux obstacles rencontrés : les escaliers ou les portes inadaptées aux handicapés. En outre, les éléments dits « de confort » (WC, douche, baignoire…) sont encore très peu installés.

EN QUELQUES DATES

Pourtant, la loi du 30 juin 1975 imposait déjà l’accessibilité et l’adaptabilité de l’habitat collectif. Dix ans plus tard, le constat du Ministère de l’équipement était sans appel : 60% des constructions neuves ne respectaient pas les normes établies !

En juillet 2005, le Président Chirac faisait de l’insertion des personnes handicapées l’un des trois grands chantiers de son quinquennat, ce qui incluait entre autre l’adaptation du logement.

Pourtant, selon Christian François, administrateur de l’Association Nationale Pour l’Intégration des personnes Handicapées Moteurs (ANPIHM) et représentant de la Coordination Handicap et Autonomie (CHA), ce texte « ne produit pas un logement accessible de plus que la loi du 30 juin 1975 » en raison de règles ne s’appliquant pas à la majorité des situations et des nombreuses dérogations possibles à l’obligation légale d’adaptabilité. Exemple d’inadéquation entre la loi et la réalité de la construction, selon les chiffres de l’INSEE, les immeubles de 4 étages ou moins constituent 84.5% du parc d’habitat collectif, or les textes n’imposent d’ascenseur que pour les immeubles de 4 étages et plus…

« Si tu prends ma place, prends aussi mon handicap ! »

Il reste encore un long travail à faire pour que chacun conçoive ce que peut représenter le quotidien d’une personne en situation de handicap moteur buttant sur une multitude d’obstacles (bateau de porte, porte trop étroites, couloir ne permettant pas la rotation…) qu’il serait pourtant simple de ne plus reproduire systématiquement. Il faudrait au quotidien garder à l’esprit ce slogan que nous connaissons tous : « Si tu prends ma place, prends aussi mon handicap ! ». Il pourrait d’ailleurs être facilement transposable à ces constructions qui, de loi en loi, depuis près de 25 ans « prennent l’appartement mais ne prennent pas le handicap ! »